http://www.richard-descoings.net/2009/10/07/les-ravages-de-la-bien-pensance/
En fait, ce que Richard Descoings dénonce ici je crois, ce sont les procès d'intention perpétuels faits à ceux qui tentent d'innover un tant soi peu, ou d'expérimenter avec honnêteté et en l'absence de certitudes absolues sur ce qu'il faut faire.
Ces procès d'intention qu'il dénonce sont pourtant bien pratiques. Ils évitent de rentrer dans le fond des dossiers quand ceux-ci sont un tantinet complexes, et permettent en plus de s'auto-absoudre de n'avoir pas travaillé pendant des années pour suivre les débats intellectuels européens ou mondiaux.
A voir donc, pour passer un bon moment.
Humm ... les dents grincent... la craie crisse : sujet sensible !
Richard Descoings a tout à fait raison de dénoncer "ces procès d'intention". Il n'y a pas de véritables solutions sans débat(s) : l'adjectif "misérable" fait quand même preuve d'un cruel manque de constructivité ! Merci M. Descoings !
Cette cagnotte ne me semble cependant pas être LA solution miracle. J'ai été admise par la CEP et j'ai vu beaucoup de mes camarades flancher à la fin du collège, commencer à travailler ou débuter des études professionnelles alors qu’ils avaient largement les capacités de continuer leur scolarité au lycée. Les élèves qui, comme le dit Richard Descoings, n'avaient pas de soutiens familiaux ont tenus bon parce qu’ils avaient des profs motivants et des conditions de travail agréables ! La cagnotte ne serait qu’un objectif virtuel, lointain parce que collectif. Nous pouvons voir nos professeurs tous les jours au lycée et c’est bel et bien à eux de nous motiver et de participer activement à la vie de leur établissement scolaire ! C’est de leur ressort de nous aider à tenir bon quand, à la maison, la motivation n’est pas « initiée » ! Nos professeurs sont le lien direct avec ce qu’ils nous apprennent ! Malheureusement, certains profs (comme notre cher ami prof de CPGE dont parle Richard Descoings visiblement) n’ont pas saisi ici l’importance de leur rôle. Ils l’ont tout simplement oublié parce que leur élèves sont déjà soutenus chez eux (notre prof de CPGE) ou, pire, ils n’ont pas oublié leur rôle mais sont démoralisés parce qu’ils n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs ! Pourquoi ne pas mettre en place ce système qui serait, bien sûr motivant, mais qui pénaliserait sans doute certains bons élèves dont le reste de la classe est souvent absente par exemple ! Toute idée est bonne à(-p)prendre ! Mais n’est-ce pas aussi « s’évit [er] de rentrer dans le fond des dossiers quand ceux-ci sont un tantinet complexes » que de vouloir mettre une cagnotte plutôt que de revoir en profondeur le fonctionnement actuel des lycées (la formation des professeurs au collège ou au lycée par exemple) ? Richard Descoings est l’un des maîtres en la matière de part son travail l’an passé…
Ps : … une étude empirique observant l’influence de l’engagement des professeurs dans un lycée et l’état de l’établissement scolaire sur les résultats scolaires des élèves serait criante de vérité je pense ! (avec pleins d’autres variables toutes aussi croustillantes les unes que les autres !! régression multiple, MCO, R² et tout et tout ! :p)
Rédigé par: Adeline C. | 15 octobre 2009 à 00:06
En effet, d'ailleurs certaines études ont aussi regardé l'influence... du salaire des professeurs sur les résultats scolaires. Effet positif ici : http://www.u-bourgogne.fr/colloque-iredu/posterscom/communications/menezesfilhopazelloFINAL.pdf ou encore ici : http://ideas.repec.org/p/ctl/louvec/2005008.html
Comme pour les sportifs de haut niveau, les profs font l'effort supplémentaire (marginal) en fonction de critères de rémunération (ce qui ne les empêche pas d'être en moyenne globalement désintéressés). De la différence entre la marge et la moyenne...
Rédigé par: Etienne | 15 octobre 2009 à 06:48
... de la différence entre la marge et la moyenne : ce qui veut dire que seule une micro-hausse du salaire aurait une influence sur leurs comportements si j’ai à peu près bien compris. Mais s'ils sont, en moyenne et globalement, désintéressés, une formation plus appropriée serait peut être une bonne idée. Engagement personnel des professeurs ne rime pas, pour moi, avec hausse de salaire mais beaucoup plus avec sensibilisation au départ. Je suis sans doute naïve quand je dis que les profs s'investiraient gratuitement... et puis, en 1A, je n’ai pas toutes les cartes en main pour véritablement avoir mon avis sur la question mais ce n’est qu’une question de « timing » !
Rédigé par: Adeline C. | 15 octobre 2009 à 22:57