Une réflexion que je me suis faite le week end dernier en finalisant une note en français sur les règles d'indexation du salaire minimum avec Gilbert Cette, et aujourd'hui en co-rédigeant une note sur le sondage Codice sur le consensus avec Thierry Mayer : ces notes devraient attirer un peu d'attention de la part de publics français, et être téléchargées voire citées un certain nombre de fois, en tout cas c'est l'espoir de tout chercheur.
Mon institution d'origine aimerait certainement que cette visibilité soit créditée d'une façon ou d'une autre dans les fameux "rankings" qui établissent implicitement ou explicitement une échelle des valeurs relatives des institutions. Non que le classement soit une fin en soi, mais tant qu'à faire, autant capitaliser les efforts faits pour faire progresser la connaissance.
Lorsque Martin Feldstein, ex-président et CEO du NBER, publie une étude sur la fiscalité aux Etats-Unis, il dispose de différents supports en langue anglaise pour lesquels les téléchargements et les citations vont apparaître dans les divers rankings.
J'ai jusqu'ici eu l'habitude d'écrire mes articles académiques en anglais et de les diffuser rapidement via le centre de recherche en économie du travail (www.iza.org) ou le Center for Economic and Policy Research (www.cepr.org) dont les sites publient les travaux, collectent des statistiques et participent de ce fait aux réseaux du type RePEC ou SSRN qui permettent de diffuser plus largement ces travaux et comptabiliser les divers impacts.
Que faire lorsqu'on travaille pour une institution française, ou sur un thème national, et qu'il serait a priori absurde de rédiger le travail initial dans une autre langue que le français? Bien sûr, si le travail est de qualité et d'intérêt pour des auteurs non francophones, le traduire et le diffuser plus largement serait utile. Mais dans le court-terme, comment faire pour valoriser pleinement le travail, comptabiliser l'activité scientifique générée par ces travaux et mesurer l'impact de ce travail ?
Certaines revues françaises sont bien sûr le support naturel de ces travaux, mais le processus de publication prend du temps et les problèmes chroniques de la grande majorité des revues françaises (peu de moyens, peu de secrétaires, peu de relecteurs, des délais de publications déraisonnables) font qu'outre le fait que ces publications vont prendre beaucoup de temps et d'effort, l'essentiel de l'impact aura déjà été consommé au moment de la parution.
A la recherche d'idées de support, je suis tombé sur ceci :
http://spire.sciences-po.fr/spire/ qui est une archive en ligne de mon institution.
et également sur ceci : http://mpra.ub.uni-muenchen.de/ qui permet de déposer des contributions originales et de conserver les traces d'activités scientifiques générées par ces travaux.
Tout autre type d'archive peut se lier à Repec en suivant ces instructions : http://ideas.repec.org/stepbystep.html
Il y a bien sûr les séries de documents de travail des divers départements. A Sciences Po, cela n'existe pas pour le nouveau département d'économie, trop récent, et dans la mesure où les centres de recherche (OFCE, GEM) ont traditionnellement joué ce rôle de diffusion des documents de travail.
D'où la question générique : faut-il créer une nouvelle série de documents de travail dans un département d'économie en France, affiliée à RePEC, mais dont une grande partie des publications risque d'être en français pour la simple raison que le CEPR et IZA ont vocation à diffuser les documents de travail en anglais? Plus généralement, comment faire pour que les travaux de qualité en français soient diffusés et intégrés dans les algorithmes d'agrégration des citations et des téléchargements?
Ideas welcome !
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