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26 juin 2007

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Voici les sites qui parlent de le système universitaire se rebelle :

Commentaires

Charles

Je suis mathématicien. Dans ma discipline (25me section), le recrutement des maîtres de conférences fonctionne de façon saine. En effet :
- si certes certains candidats très valables se retrouvent éliminés (avec 220 qualifiés par an, pour 55 postes environ, c'est fatal. Je pense que chaque année, les candidats sont peut-être 400. Un poste ouvert, c'est 250 candidatures.), je n'ai jamais vu de choix scientifiquement injustifiable, sur les quelques recrutements où je pouvais me faire un peu une idée.
- tous les candidats clairement brillants que je connais se sont casés, à leur 1re, 2me ou 3me année de candidature.
- le recrutement local est marginal, et essentiellement le fait de petits centres. (je désapprouve, mais reconnais que de tels recrutements peuvent être pour eux un argument pour attirer des thésards). Pour un nombre significatif de labos (majoritaire ou pas, je l'ignore), l'interdiction du recrutement local est une règle officiellement décidée (même si sans valeur légale contraignante) et appliquée sans exception. Le CNRS stigmatise systématiquement les recrutements locaux dans ses évaluations des labos. Ce ne sont que paroles, mais elles sont de fait dissuasives. Cette règle est d'application plus aisée que dans les sciences expérimentales, où les chercheurs sont plus attachés à des équipes et des équipements.
Il est plus facile de bouger en maths.
- Je n'ai jamais vu de recrutement joué d'avance.

Je ne pense pas que mon point de vue soit biaisé par ma situation, ayant moi-même mis cinq ans après ma thèse pour me faire recruter. Je n'ai jamais eu le sentiment de faire les frais de copinages ou magouilles occultes.
Je n'affirme pas que le fonctionnement est parfait, il me semble seulement raisonnablement sain.

D'où provient cette différence ? Je l'ignore et aimerais bien le savoir.
Je suis convaincu que des changements institutionnels seraient bienvenus pour assainir certaines situations. Mais le cas des maths montre que d'autres facteurs qu'institutionnels sont aussi déterminants : une culture, héritée, créée et/ou entretenue ; peut-être l'influence de la concurrence internationale ; peut-être le fait que la qualité scientifique se "mesure" plus facilement en maths qu'ailleurs ; parfois des cercles vicieux ou vertueux de recrutements successifs plus ou moins bons, dont on est ensuite longtemps tributaire... Toutes choses qui ne se décrètent pas. On peut seulement influencer certaines, indirectement et à moyen terme.
Encore une fois, je suis assez curieux des causes des différences de fonctionnement entre disciplines.

Etienne

La situation en mathématiques est effectivement meilleure que dans les diverses sciences sociales ou les indicateurs de visibilite et de prestige des publications sont moins universellement acceptés. Tout le reste en découle: manque d'incitations à produire, à recruter des talents, à construire des équipes.

Bernard Girard

Tout ceci montre que la situation varie d'une discipline à l'autre.

Pour ce qui est des critères d'évaluation des chercheurs, le nombre des publications, la qualité des titres dans lesquelles elles paraissent, le nombre de citations dans d'autres papiers devraient permettre de se faire une idée de la qualité du chercheur. Au moins dans ces disciplines dans lesquelles on publie des articles.

Cela aurait pour effet secondaire de forcer universités et centres de recherche à créer des publications.

Mais je me souviens des réserves de sociologues publiant beaucoup et dans de "bonnes" revues lorsqu'on leur parlait de ce type de critère de sélection.

J'ai oublié leurs arguments, mais pas le fait qu'ils ne m'avaient pas convaincu.

Charles

"sciences sociales où les indicateurs de visibilite et de prestige des publications sont moins universellement acceptés"

S'il en est ainsi, cela joue beaucoup c'est sûr.

Cependant je ne pense pas que ce soit la seule raison. En effet, la situation du recrutement me semble moins bonne dans certaines sciences expérimentales qu'en maths, d'après des comparaisons que je peux faire avec des collègues. Pourtant, dans ces disciplines, la reconnaissance comparée des revues est peut-être encore plus claire qu'en maths (parfois chiffrée, avec des points).
Par ailleurs, au niveau MDC, il arrive de recruter qqun avec très peu de publis, seulement au vu de la qualité de la thèse. Les délais d'examen d'articles sont en effet parfois très longs (6 mois au moins, un an quand c'est long), et on publie peu, en nombre d'articles.

Bernard Girard

Cette conversation suggère que toutes les disciplines n'évaluent pas de la même manière leurs chercheurs, que les outils d'évaluation classiques (nombre de publications…) ne sont pas partout aussi efficaces, que l'on ne publie pas au même rythme dans tous les secteurs. Peut-être faudrait-il demander à Bruno Latour s'il a des idées sur le sujet, s'il n'a pas parmi ses étudiants ou ses collègues des gens qui ont approfondi ces questions.

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