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08 octobre 2007

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Voici les sites qui parlent de pas de confiance en France? :

Commentaires

alexandre delaigue

Très intéressant, merci de ce résumé! Je me demande s'il n'y a pas un lien à faire avec Alesina-Glaeser (combattre les inégalités et la pauvreté) pour les causes historiques de la forme des systèmes sociaux et leurs conséquences.

Merlin

La these 2 me semble trés optimiste. Il suffit de lire Bastiat: "L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde."

Et cela n'était pas apres guerre et ni a une epoque ou les Corses se sentaient colonisés. C'était meme avant Marx.

Il suffit de relire Tocqueville dans l'Ancien Régime et la Révolution pour comprendre que le probleme est plus profond.

Merci pour cet excellent blog. Vous devriez écrire plus.

Etienne

Merci à vous deux; Alexandre, on trouvera un très bon résumé ;-) de l'ouvrage d'Alesina-Glaeser(qui n'est d'ailleurs pas cité par les deux auteurs mais ils ont beaucoup d'autres références très diverses) sur ce site: http://econo.free.fr/scripts/notes2.php3?codenote=153

Pour synthétiser ces deux commentaires: une remarque très pertinente faite en séance par un collègue de sciences-po (André Grjebine) était que le degré d'hétérogénéité du pays compte beaucoup dans la méfiance réciproque. Cette hétérogénéité est bien moindre dans les pays scandinaves, d'où peut-être la plus grande adhésion et confiance réciproque des co-nationaux. La réponse des auteurs était que les Etats-Unis sont sans doute plus divers que la France mais que le degré de confiance y est plus élevé, preuve que l'homogénéité n'est pas le seul facteur en jeu.

Markss

Tiens, je ne vous ai pas vu?!

Une des critiques qui a été faite par plusieurs intervenant, et auxquelles les auteurs n'ont pas répondu, c'est ce qu'il se passe en données individuelles. Cela permettrait de pousser un peu plus loin la relation entre confiance aux autres, dans les institutions,
avec l'activité économique. Peut-être pas de confirmer la thèse, mais de l'affiner.

@Merlin:
Non, il ne suffit pas de relire Tocqueville ou Bastiat. Rosanvallon (qui n'était d'ailleurs pas convaincu par la thèse du retournement) a bien montré que l'omniprésence de l'Etat face aux corps intermédiaires est un mythe, que la situation est et a toujours été beaucoup plus complexe.

Bernard Girard

Ces analyses paraissent bien fragiles.

Est-on d'abord sûr que ces questionnaires internationaux parlent bien de la même chose dans tous les pays (pour ne prendre que cet exemple, notre confiance peut se traduire en anglais par trust et par confidence, deux mots qui n'ont pas tout à fait le même sens)?

Ensuite, les réponses à des questionnaires sont-elles la meilleure manière de mesurer la confiance d'un peuple? Il me semble qu'il serait au moins aussi intéressant de regarder les pratiques, les contrats commerciaux, par exemple, infiniment plus détaillés aux Etats-Unis qu'en France, les contrats de travail également plus précis (la lenteur des prises de décision de recrutement en France ne vient-elle pas de la forte incomplétude de nos contrats de travail qui augmente le risque pour l'employeur qui n'a, au fond, que peu de garanties que le candidat a bien compris ce qu'il attendait de lui)?

Quant à la troisième thèse ("la construction d'un modèle social assis sur le statut et le particularisme, sont responsables de cette méfiance, en partie en raison des jalousies que ces particularisme sociaux suscitent"), elle parait tirée par les cheveux : je ne vois pas vraiment en quoi le statut de la fonction publique me rend plus méfiant? Ils devraient au contraire me rendre plus confiant puisque j'ai affaire à des gens qui ne vont pas me voler puisque leur statut en les protégeant les met à l'abri de toute tentation.

Passant

Une petite décénie de thatcherisme mettrait fin à la fois à l'inutile classe dirigeante colbertiste, et d'autre part à la France des particularismes.

Bien entendu, on pourra trouver une solution plus complexe, plus coûteuse et plus douloureuse. D'ailleurs, je ne doute pas une seconde qu'on y parviendra : un pays comme le nôtre ne parviendra à rien de moins.

alexandre delaigue

"La réponse des auteurs était que les Etats-Unis sont sans doute plus divers que la France mais que le degré de confiance y est plus élevé, preuve que l'homogénéité n'est pas le seul facteur en jeu."

Ils devraient comparer la confiance dans le Massachussets et la comparer à celle de l'Alabama. Je n'ai pas les données, mais à mon avis, elles suffisent à répondre...

toto

ce thème de la confiance n'a t-il ps déjà été brossé par Th Philippon dans le "Capitalisme d'héritiers" ?

HugoMe

Ma réaction de non-professionnel du sujet est qu'il faudrait savoir réduire le constat à une idée forte, qui me semble etre l'absence de civisme des Français.
Il ne me semble pas qu'un tel diagnostic soit difficile à faire admettre; chacun a en tete des exemples de fraudes au fisc, de travail au noir, de locataires privilégiés, de dépenses municpales inutiles.

A partir de là, le travers français est de chercher les causes au lieu de s'interroger sur les remèdes possibles, (sans parler de la désignation de boucs émissaires, à l'opposé du consensus nécessaire pour agir)

Avec plus de transparence, les remèdes se trouvent facilement

Bernard Girard

Je me demande à la lecture de ce que vous dites (et à celle rapide du texte de Cahuc & Algan) si on ne pourrait pas rapprocher ce défaut de confiance du chômage.

Je m'explique : on sait que les liens faibles (les contacts indirects : je connais X qui a entendu Y parler d'un emploi…) sont une des manières les plus efficaces de trouver un emploi. Le déficit de confiance a un impact direct sur ces liens ou, plus exactement, sur les réseaux sociaux étendus qu'ils permettent de créer. Ce qui expliquerait la différence dans le poids de ces réseaux dans les recrutements en France et aux Etats-Unis (à peu près 40% des emplois trouvés de cette manière en France, près de 60% aux Etats-Unis d'après Granoveter).

Quand on sait que 54% des entreprises qui disent rencontrer des difficultés de recrutement disent abandonner la recherche d'un salarié (chiffre de la CCIP), on peut se demander s'il n'y a pas là un petit bout d'explication.

carolus

Passionnant, merci. Construire un nouveau modèle social universalite (beveridgien, c'est ça?), c'est également ce que préconisait Timothy B.Smith dans "la France injuste".

Merlin

En quoi le commentaire de Rosanvallon est il pertinent?

Il me semble que le problème n'est pas celui des corps intermédiaires mais celui (a) l'incapacité des Francais a régler leurs problémes a leur niveau et (b)de la centralité de l'État dans le fonctionnement de la société.

Autrement dit, l'État, fort ou faible a acquis en France une position d'arbitre unique des équilibres entre les différents "états", castes, corporations, etc. ainsi que de distributeur de bénéfices que les Français, fort rationnellement, se tournent vers lui chaque fois qu'ils veulent obtenir quelque chose.
Ceci couplé au point très pertinent sur l'hétérogénéité de la société, et sa fragmentation, font que le débat social se réduit a une bagarre afin d'atteindre la meilleure position dans le queue des quémandants.
Bagarre d'autant plus crispée que on sait qu'il n'y en aura pas pour tout le monde.

Quelque soit la couleur politique de l'État, on peut bien constater qu'il s'efforce d'ailleurs de diviser pour régner. Son intérêt n'est pas vraiment de créer un société de confiance; cela limiterait son rôle.

carolus

@ Merlin,
Rosanvallon fonde une bonne partie de ses analyses des blocages de la société française par la destruction des corps intermédiaires depuis la Révolution. Ce mouvement incontestable est intimement lié à la "centralité de l'Etat" que vous invoquez.
Les corps intermédiaires ont été détruits pour laisser la place à un Etat centralisateur, homogénéisant. Et dans le même sens, la disparition de ces corps intermédiaires a renforcé la centralité de l'Etat (la société a horreur du vide...). Le commentaire de Rosanvallon ne me semble donc pas "impertinent".
Il paraît d'ailleurs rejoindre la pensée de Blanchard sur le colbertisme de l'Etat et ses conséquences.

Vous évoquez la "bagarre" entre différents groupes sociaux. N'est-ce pas précisément parce que ceux-ci font tous la queue au même guichet, n'est-ce pas parce que les lieux de lutte ne sont pas multiples, que cette bagarre est si âpre..?

FrédéricLN

Merci pour cette revue de la (multi)thèse originale de Cahuc et Algan.

Je lui vois le grand mérite de rompre avec la querelle vaine "faut-il un modèle plus libéral ou plus social". Je préfère grandement, fût-ce au pif, la "théorie du canoë" réputée en Scandinavie et qu'étayent tant bien que mal les auteurs : dans la mondialisation, une société est forte si elle est coopérative, si ses membres s'entraident.

Si elle est capable, en se reconnaissant des intérêts communs durables, de produire de la vision à long terme à travers un court-terme de plus en plus instable (ou jugé tel).

Cela suppose des institutions "lieu-commun", et non parasites ; lieu de la confiance mutuelle et non de l'opacité au profit de clans.

Cf. le discours de F. Bayrou "aux racines du mal français", novembre 2005.

Le libéralisme pour les débutants

Entierement d'accord avec le constat de ce rapport..

La défiance et le septicisme est une constante des relations professionnelles française.

Lorsque l'on voit la simplicité et le naturel pour travailler notament dans le monde anglosaxon, on est toujours surpris de revenir en France.

Chacun cherche un statut, et du haut de ce statut s'autorise à compliquer la vie des autres.. dans le privé comme dans le public.

Tout n'est pas rose ailleurs, mais notament pour les jeunes (via entre autres les stages) cette so ciété d'ancien régime est déprimante..


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